Note: Dans cet article, je me concentrerai intentionnellement de l’utilisation des digglikes en tant que blogueur et non pas comme d’un outil de bookmark.
La récente fermeture du digglike Bluegger et certains commentaires qui l’ont suivie m’ont amené à me questionner sur la viabilité même du concept de “digglike”. Étant moi-même éditeur du digglike Diggons.com et blogueur (qui a dit à temps partiel?), il va sans dire que je suis doublement concerné par cette épineuse question.
Commençons donc si vous me le permettez par placer nos pions.
Qu’est-ce qu’un digglike?
Le terme lui-même fait référence au père du concept Digg.com. Sur Digg.com, les utilisateurs sont appelés à soumettre des liens de sites ou d’articles qui leur paraissent intéressants. La communauté choisi ensuite quels sont les liens pointant vers les meilleurs sites ou les meilleurs billets et, grâce à un système de votation, promeut ceux-ci en première page et relègue les autres aux oubliettes. Digg devient donc un média à part entière en présentant en première page des articles de qualité de façon continue. En théorie, Digg (et les autres Digglike) bénéficient donc d’un flot continue de nouvelles intéressantes sur leur page d’accueil.
Par contre dans la pratique, ce ne sont pas toujours les meilleurs articles qui font la une. Avec plus de 2 millions de visiteurs par jour (source: Quantcast), faire la home page de Digg.com peut devenir TRÈS payant en terme de trafic. Ce sont donc créés des groupes de voteurs qui influencent les résultats afin d’en favoriser leurs membres (voir: Digg.com ou Comment propulser son site vers des sommets inégalés). Digg.com devient donc un outil de référencement très puissant si on sait s’en servir et si on a une importante communauté derrière nous. Pour un blogueur, cela peut représenter la différence entre la célébrité et l’ignorance la plus totale.
Comme pour chaque “success story” du Web, une panoplie d’autres sites se sont emparés du concept. Digg.com ne fait pas exception, et ceux qui s’en sont inspirés ont créé des sites que l’on nomme digglike.
Si les résultats sont pipés, pourquoi alors continuer d’utiliser les digglikes?
Les éditeurs de digglikes vous prétendront probablement le contraire. Mais les faits sont là. Il y a bien sûr une partie de vrai dans le concept. Mais les résultats ne sont pas fiables à 100%. Chaque blogueur a sa propre communauté plus ou moins étoffée (cela peut passer de la famille proche qui va voter pour l’article d’un des leurs à un blogueur influent qui a un capital de sympathie auprès de dizaines de personnes). Cette communauté va le plus souvent voter pour un des leurs et ce, peu importe la qualité de l’article en question. Et c’est ici que le bas blesse. De très bons articles dont l’auteur possède une communauté restreinte demeurent dans le placard alors que d’autres moins bons mais écrits par des blogueurs plus populaires font systématiquement la une des digglikes.
Cela nous ramène à un constat évident: tout blogueur désire être lu. Allez faire un tour sur les flux RSS de Digg.com et vous vous rendrez vite compte que ce sont souvent les mêmes qui arrivent à faire la une avec parfois des articles qui ne font pas l’unanimité en termes de qualité…
Nous sommes donc en droit de nous poser des questions sur la pertinence d’utilisation des digglikes. Regardons donc ce qu’ont de bon les digglikes avant de les “lincher” sur la place publique.
Pourquoi les Digglike ont-ils bonne réputation sur Google et dans les résultats de recherche (“trust rank”)?
Les digglikes sortent en général très bien sur les moteurs de recherche, Google en tête. La raison est simple: ils ont du contenu. Et Google adore les sites à contenu. Avec un peu de travail sur la SEO et le référencement, les digglikes sortent souvent même avant les blogs en faisant des recherches avec les titres exacts des articles. En termes de référencement, il peut donc être très intéressant d’être listé sur les digglikes. D’accord, ce sont eux qui obtiennent la visite en provenance de Google, mais ils agissent ensuite comme un miroir: si cet article est bien ce que recherche le visiteur, il visitera ensuite le blog en question. Ils agissent donc à mon sens comme un filtre positif.
Qui plus est, la plupart des digglikes offrent des liens en dur sur leurs pages pointant vers les blogs. Ce qui permet d’augmenter la notoriété de ces sites sur Google (qui a dit backlink?). L’éditeur de Bluegger semble résumer l’entière activité de son digglike à ce seul point (ferme de liens) alors que celle-ci n’est en fait qu’une des facettes des digglikes. D’accord, ceux-ci permettent de placer des liens. En quoi est-ce mal? Pourquoi devraient-ils aspirer à autre chose? C’est précisément sur cette question que les débats entourant les digglikes font rage.
Sur Diggons.com, selon nos statistiques, je dirais que 20% des visiteurs sont des blogueurs désirant placer un lien contre 80% de visiteurs qui proviennent de Google. Ce sont donc 80% de lecteurs potentiels pour les blogueurs qui l’utilisent. Et je crois pouvoir affirmer sans trop me tromper que les autres digglikes en arrivent également à cette conclusion. Les digglikes devraient donc être vus comme un service offert aux blogueurs.
Les digglikes comme plateforme de lancement
Lorsqu’un blog voit le jour, cela peut être très long avant que celui-ci soit lu. Souvent, les blogueurs ont le temps d’écrire plusieurs articles et il peut s’écouler plusieurs mois avant que les lecteurs tant attendus se pointent enfin. Les digglikes peuvent accélérer ce processus en aidant les blog émergents à se faire connaître. En effet, bien que peu d’articles provenant de blogueurs débutants aient la chance d’être promus en home page des digglikes, ces derniers offrent pour la plupart un service “d’article traitant d’un sujet similaire” regroupant les articles de blogs parlant de la même thématique. Ainsi, si je trouve un article sur un digglike sur un sujet donné, il me sera souvent proposé d’autres lectures susceptibles de m’intéresser. J’ai alors l’opportunité d’aller lire des articles et des blogs que je n’aurais jamais découvert autrement. Il ne faut donc pas minimiser l’impact qu’ont les digglikes sur l’augmentation du trafic chez les blogs émergents.
Les digglikes pour la veille
Les digglikes servent aussi à rassembler plusieurs articles de provenances différentes. En rassemblant ces blogs et/ou articles dans des catégories, ils deviennent des outils de veille parfaits. Aussi, les digglikes ont chacun leurs forces. Certains sont plutôt axés “geek” alors que d’autres se targuent de rassembler des articles “verts”, des tutoriaux, des articles traitant de jeux vidéos en passant par l’actualité politique et sociale. Ils offrent également pour la plupart des flux RSS qui permettent d’inclure des articles traitant d’un sujet X dans notre lecteur de flux favori, facilitant grandement la veille sur différents sujets.
Les réseaux sociaux et le micro-blogging ont tué le concept
Quelle phrase typique… On la lit partout. Pourtant, avant d’en arriver à un tel constat, il faut s’arrêter à réfléchir à la vocation qu’on les réseaux sociaux et les sites tels que Twitter. Les réseaux sociaux permettent de partager de l’information avec nos réseaux respectifs. Ils permettent donc aux blogueurs de promouvoir leurs articles auprès de leurs amis, famille et fans. Nous parlons ici de référencement direct. Les réseaux sociaux peuvent donc s’avérer de formidables outils de promotion.
Maintenant, qu’en est-il des plateformes sociales pour la SEO? Si l’on considère que les moteurs de recherche n’ont pas accès aux parties “privées” des sites tels que Facebook, celui-ci s’avère être d’une utilité limitée dans une campagne de référencement en bonne et due forme, à moins que je n’aient manqué quelque chose.
En ce qui concerne Twitter, cet outil de microblogging, contrairement à ce que certains affirment, il représente non pas un outil concurrent des digglikes, mais bien un outil complémentaire par excellence. Comme Twitter ne permet que 140 caractères, il ne laisse que très peu de place pour afficher autre chose qu’un titre très court et un lien créé grâce au outil “raccourciceurs d’URL“. Il permet donc de créer un lien vers son blog et de le transmettre à ses “followers”. Contrairement à Facebook, Twitter est navigable par les moteurs de recherche et permet d’être indexe. Par contre, il ne sera visible que sur votre page de profil, qui elle a une notoriété beaucoup moins importante que la page d’accueil de Twitter.
Attention! N’allez pas croire que je tente ici de dénigrer les réseaux sociaux et les sites de microblogging! Je les utilise moi-même… Par contre, je ne crois pas qu’ils soient incompatibles avec l’utilisation des digglikes, bien au contraire… Je crois par contre que dans une campagne de promotion sur les moteurs de recherche, le mieux placé pour inclure votre contenu est le digglike. Il vous permet d’ajouter beaucoup plus de contenu que les sites de microblogging, est très aimé de Google, et vous permet (contrairement à Twitter) d’inclure des ancres de liens qui correspondent effectivement à votre contenu, en plus d’ajouter un certain nombre de mots-clé, ce qui aide encore une fois à un référencement efficace.
Alors… Est-ce que je crois que les digglikes sont morts? Absolument pas. Est-ce je crois que les réseaux sociaux et les sites de microblogging sont une menace pour les digglikes? Pas le moins du monde! Les digglikes se présentent comme des outils très utiles aux nouveaux blogs comme aux blogs établis qui désirent élargir leur audience. Les blogueurs les plus en vue de la francophonie ont TOUS utilisé les digglikes à un moment ou à un autre afin de promouvoir leurs billets (Éric Dupin avec Fuzz.fr pour ne citer que lui).
Alors pourquoi ne pas s’attarder à la véritable mission des digglikes au lieu de les reléguer au rôle de dinosaure aussitôt qu’un nouveau modèle de communication voit le jour?
Plusieurs digglikes fermeront par manque d’ouverture de la part de leurs éditeurs et de leur entourage. Ceux qui ne sauront pas s’adapter, parce qu’ils utilisent des CMS tout faits (tels que Pligg) qu’ils n’ont pas la capacité de modifier afin d’y ajouter de nouvelles fonctionnalités si celles-ci n’existent pas sous forme de pluggin ou d’add-on, ceux-la fermeront incessamment leurs portes. Ceux qui sauront s’adapter, qui tenteront d’innover survivront et ont encore de très belles années devant eux.
Certains trouveront mon avis biaisé. Je suis l’éditeur du digglike Diggons après tout. Mais si ne n’y croyais pas, je ne resterais pas dans l’aventure et je déclarerais forfait, comme bien d’autres. Mais j’y crois et je suis absolument convaincu que les digglikes ont encore leur place… Tant que nous sachions quelle est cette place et que nous ne tentions pas, par idéalisme ou orgueil, de leur en inventer une qui ne leur conviennent pas.
Popularity: 21% [?]
/sign
Tres bel article Jeff!! je t’engages!!!
merci , très bon article ( peut-être parceque je suis à 200% d’ accord avec ton analyse )
[...] Digglike: concept dépassé ou pas? | Jeff Tardif http://jeffonair.com/2010/02/digglike-concept-depasse-ou-pas/ [...]
Peu de temps après avoir lancé mon blog j’ai découvert les digg-like. Ça propulse mes articles, je pense que le concept a encore des jours devant lui.
Les digg-like sont comme vous le dites de bonnes bases Seo à tous les niveaux. Mais il faut savoir identifier le bons.
Article fort intéressant et très bien détaillé. Preuve en est de la puissance des digglikes, j’ai moi même découvert votre site à travers un digglike.
Même si je fais partie des 20% de bloggeurs qui veulent placer des liens sur les digglikes, je m’intéresse aux articles publiés par les autres bloggeurs. Donc je dirais que l’on peut toucher encore plus que 80% des personnes.
Je me permets de laisser le lien de mon blog qui concerne les NTIC et le web-marketing si ça intéresse quelqu’un ;
http://ntic-web-marketing.blogspot.com/
Ah ! Tant de choses à dire sur ce sujet.
Je vais faire le plus court possible :
1) article intéressant et complet
2) +1 “Buzz & digg like”
3) Concernant Bluegger, la “vraie” raison pour laquelle le site a fermé c’est qu’il se faisait blacklister par Google (ce dernier n’aimait pas la manière dont il “cachait” les liens vers les sources originales)
4) Faire la une de fuzz, Tapemoi ou Scoopeo, c’est très simple, mais l’on ne gagne que 20 à 50 visiteurs uniques, au mieux, donc pour moi, les digg-likes n’ont de valeur que pour le référencement (liens en durs). Par contre, d’ici quelques semaines je vais tenter de faire la une de Digg.com, je partagerai les retours si j’y arrive.
5) Pour un blog, je pense que, surtout au départ, les digg-likes sont extrêmement importants, que ce soit pour le traffic ou les backlinks.
Pour conclure, je pense qu’il faut identifier et séparer les digg-likes communautaires (fréquentés généralement par des petits groupes d’habitués), comme Fuzz ou Diggons, et les “gros” digg-likes, comme… ben comme Digg.
Pour moi, les digg-likes “communautaires” ne sont pas là pour vraiment “créer du traffic”, simplement pour se faire connaître, ou même partager ses trouvailles (bien sûr, je n’utilise que les digg-likes qui font des backlinks en dofollow, c’est donnant donnant).
Tandis que les “gros” digg-likes sont de réelles sources de traffic, plus ou moins ciblé (en fonction du titre et d’autres facteurs).
Merci et bonne continuation.
@Zlowtech Commentaire très intéressant qui rejoint très bien ce que j’essayais de démontrer: il ne faut pas juger les digg-like seulement sur le nombre de visiteurs qu’ils rapportent sur Google Analytics, mais bien sur leur valeur en termes de référencement.
Il va sans dire que Digg.com est exceptionnel. J’ai quelques connaissances qui ont fait la front page de digg.com et l’un d’eux a reçu quelques 75000 visites en provenance de Digg. Il faut donc s’assurer que son serveur / hébergeur soit en mesure de satisfaire à la demande.
Place un commentaire ici lorsque tu tenteras une percée sur Digg, entre francophones pourquoi ne pas s’entraider
P.S. Merci pour cette précision sur Bluegger
En tous cas, merci à Jeff de m’avoir répondu personnellement, d’avoir répondu à mes questions et surtout de m’avoir (enfin) permis de comprendre à quoi çà sert, et comment s’en servir !
Très bon article
Je pense quand même et malgré tout ce que vous dites que les digg-like amènent un trafic.
La preuve, j’en avais marre de passer 2h à soumettre aux différents digg-like après chaque post rédigé : j’ai perdu a peu près la moitié de mon trafic en 6 mois….
La présence sur les réseaux sociaux n’a pas comblé cette perte, du coup je re submit sur les digg like ! pas lol
Et le Digg fr il est bien je trouve quand même
@romeo Je ne te contredis pas, j’ai mis l’accent sur Diggons parce que j’en suis l’éditeur, mais mon analyse porte sur tous les digg-likes confondus, autant digg fr que d’autres.